LA PARTITION

fleche

Dans le village désert tout semble tranquille. Yin, une jeune femme, ramasse des fleurs. On est étonné du silence et de l'absence d'autres personnes.

Près d'une maison, Yang, un jeune homme, ramasse du bois.

Apparemment, ils vaquent à des activités de villageois mais dans un décor sans habitants.

 

Soudain, Yin puis Yang trouvent une photo qui flotte au vent. Ils attrapent la photo. Elle les intrigues. Les deux photos sont déchirées. Sur celle de Yin on voit un petit garçon en habits traditionnels, sur celle de Yang, une petite fille aussi en habits traditionnels.

Les deux photos sont des fragments d'une photo plus grande mais manquante.

 

La voix intérieur de Yang se fait alors entendre. Il lit son journal. Il raconte comment il a rencontré cette petite fille nommée Yin. C'était dans le village de leur enfance. Les familles se connaissaient. Ils jouaient souvent ensemble. Ils étaient promis l'un à l'autre, et tout le monde en était heureux. Ils ont grandi, ils se sont aimés jusqu'aux jours où tout à basculé...

 

Yin s'approche d'une maison vide comme toutes les autres. Elle semble attendre quelque chose. Soudain le temps change. Il devient orageux. Une ombre s'approche de la maison vide. C'est une vieille femme. Elle ne parle pas mais on entend sa voix. Elle dit qu'il temps de procéder à la cérémonie. Yin lui répond sans parler à celle qu'elle nomme la mudan. Elle accepte de commencer la cérémonie. La mundan commence à chanter et à remuer comme en transe. Elle évoque des bribes du passe de Yin : sa rencontre avec cet homme. L'amour perdu. Yin croit voir Yang sur les murs de la maison vide. L'hallucination de vient de plus en plus douloureuse au fur et a mesure que la mundan évoque leur jeunesse puis le moment ou tout à basculé.

 

Il fait plein soleil. Yin et Yang se précipitent chacun de leur coté vers leurs chambres respectives. Dans un coin se trouve un petit monolithe qui scintille. Yin et Yang se prosternent et écoutent une voix d'homme métallique qui émane de l'objet. La voix se présente comme la voix de la sagesse. Elle remercie ceux qui l'écoute. Elle leur promet un avenir radieux, la paix et la prospérité. A condition qu'ils suivent toujours les principes édictés par la voix. Ces principes sont au nombre de 10. Mais ne font qu'un. Ces principes sont tous différents mais dise seulement la sagesse. Ces principes sont connus de tous mais personne ne peux les prononcer de vive voix. Ils ne sont audible que dans leur for intérieur. La voix demande une minute de silence pour passer en revu ces principes de la sagesse. Puis lève la séance, le monolithe s'éteint. Yin et yang s'éloignent comme rassérénés.

 

Au fil des jours on s'aperçoit que Yang creuse. Il creuse un grand trou dans la terre. Et on l'entend lire son journal : il raconte qu'a travers ce trou il atteindra le centre de la terre là où se trouve Yin, et il pourra enfin la rejoindre. Il se souvient d'un premier trou creusé quelques années plus tôt un peu après le moment où tout à basculé. Il avait creusé des mois et des mois. Et finalement il l'avait vu. Elle l'avait reconnu et elle l'avait suivi vers la surface. Mais une sensation étrange l’empêchait de l’étreindre ou de s'appesantir sur la joie des retrouvailles. Yin semblaient perdue dans ses pensées. Ils gravirent les parois du trou jusqu'à la surface. Mais alors qu'ils approchaient recouvert de terre gluante, Yin commença à défaillir. Elle se mit à douter de la possibilité de sortir du trou. Yang se mis à la supplier puis à la sermonner mais rien n'y fit, Yin ne bougea plus tandis que le trou peu à peu se refermait sur elle. Les séparant à nouveau. Mais yang recommençait à creuser.

 

Yin s'affaire toujours au ramassage des débris qui l'entourent. Elle ramasse des fragments de tout ce qui traîne et les empile, recouverts de fleurs, dans des casiers sur lequel elle écrit des chiffres et des noms. Mais le lendemain les casiers sont à nouveau vides. Mais elle ne s'en inquiète pas elle recommence, comme elle recommence à écouter le monolithe et à attendre la mundan.

 

De son côté Yang, empile aussi des débris laissés par on ne sait quel désastre dans ce village qui a pourtant l'air en bon état. Il retourne voir le monolithe et lit encore des pages de son journal.

 

Un soir, alors que Yin revient avec des fleurs et des débris, elle croise un groupe de villageois. Elle les regarde mais ne leur parle pas. Ils font de même. Dans leur mains on reconnaît les débris que Yin ramasse. Ils viennent les rependre dans les casiers de Yin. Ils s'en vont sans un mot avant de jeter les débris aux alentours du village.

 

 

Yang creuse quand soudain il s'effondre. Sa voix lit son journal. Il se souvient du jour où tout à basculé. Avec Yin ils attendaient les préparatifs de la fête de de la moisson, chuseok. Des aliments traditionnels trônaient sur une grande table, de al musique venait de partout. Puis le ciel s'est assombri, la pluie s'est mis à fouetter les masures de paille, des cris au loin revenaient en écho sans cesse. Ils sont venus, ceux qui habitent par delà les mers, ils sont venus sur leurs bateaux hérissés de lances. Leur langue est différente. Leurs sabres sont longs et courbés. Ils sont venus les emmener sur leur archipel là où le soleil se lève rouge sang. Yang a tenté de protéger Yin, il s'est battu. Elle a résisté mais les démons de l'île noire les ont séparés. Depuis ils se cherchent.

 

 

Yin entre dans la maison vide et accepte la cérémonie de la mundan. Celle-ci, en transe, évoque les montagnes et les fleuves, les arbres millénaires et le ciel d'où sont venus les Coréens. Mais Yin la coupe, elle insiste, elle veut voir Yang. Elle veut savoir s'il est en vie comme elle. La mundan s'interrompt. Oui, yang est comme elle, oui il est fou amoureux, oui il attend quelques part. Mais elle s’interrompt quand Yin s'exclame « alors il est vivant ».  Yin insiste elle veut le rencontrer encore une fois. La mundan accepte. Il faudra se concentrer et se laisser aller. La mundan emmène Yin au bord de la rivière qui longe le village. Elle lui demande de s'y allonger, l'eau est peu profonde. En se laissant porter par le courant, elle croisera Yang. Yin obtempère. Et en effet elle voit au-dessus d'elle l'image de Yang qui lui sourit. Mais Yang se met ensuite à pleurer. Yin s'affole et se redresse.

 

 

Yin et Yang poursuivent leurs activités. Yang creuse mais désespère lorsqu'il voit le trou revenir au même niveau chaque matin. Un soir il croise des villageois. Ils ramène des brouettes de terre et remplisse à nouveau le trou de Yang. Celui-ci les regarde mais ne dis rien. Ils font de même.

 

Yin retrouve la mundan et lui demande de retourner à la rivière. Elle veut revoir Yang. La rivière cette fois ne reflète pas l'image de Yang mais mène Yin au fond d'un trou. Elle sort de ce trou pour marcher vers le village voisin. Elle est certaine d'y trouver yang. Mais le village est vide, elle y trouve pourtant la partie manquante de la photo avec Yang. Sur la photo on voit Yin et yang enfant, puis adolescent et enfin adultes. Au sortir du village, Yin croise les villageois, cette fois elle parle : elle demande où est Yang. S'il le connaisse. Les villageois d'abord muets finissent par faire signe que oui. Mais ils ne veulent pas que Yin les touche. Ils s'agenouillent comme en prière devant Yin.

 

 

Yang est fiévreux. Le monolithe près de lui ne cesse de répéter les mêmes choses niaises et vaines. Il revoit le moment ou tout à basculé. Il lit son journal. Il se souvient qu'ils ont été séparés, yin est allée vers la rivière, là l'horreur s'est produite, elle s'est noyée, il n'a rien pu faire, ou si : il a du creuser sa propre tombe avant que les démons de l'île noire ne l’exécutent.

Scénario d'Antoine Coppola
reperagesAntoine
Antoine Coppola en repérages son dans la reconsttution du village Choseon des Studios Kofic, Corée du Sud, en 2015